Le Veillons.

Voir un historique de cette partie de la commune

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Voir sur le plan.

Clé et porte des chenaux qui permettait de communiquer entre la mer et l'intérieur des terres; le veillons (est-ce l'endroit pour veiller et  donc monter la garde ?). Situé en avant du port de la Guittière et du port des Hautes Mers; le Veillons est visible du haut du bourg de Talmont et des signaux pouvait être fait pour signaler depuis le Veillon les arrivées sur la mer aux habitants de talmont.

Très beau site ou les eaux douces se mélangent aux eaux salées dans une sorte de grands réservoir vide à marée basse et plein à marée haute : surnommée la cuvette du veillon. Cette cuvette est séparée de la mer par une dune de sable des plus fins  longue de plusieurs centaines de mètres, large d'environ cent mètres et haute de plusieurs dizaines de mètres. Le courant, le vent et les tempêtes se chargent de la modifier chaque  malgré les interventions intempestives et onéreuses de quelques personnes qui se croient autorisés d'essayer de contrecarrer cette force de la nature (avec l'argent de nos impôts et en pure perte !). Depuis près de cinquante ans cette dune superbe se modifie chaque années et parfois de façon spectaculaire. Une végétation particulière et encore bien sauvage ainsi que des animaux  (le hanneton des dunes aux cris stridents et les cicindèles  pour ne citer que ces coléoptères) vivent dans ce milieu particulier. L'homme colonise mal et toujours plus malgré quelques petits efforts de propreté. Longtemps la plage superbe (exposée au Sud ce qui est très rare sur l'Atlantique)  a été fréquenté seulement par les rares pêcheurs (on y voit à marée basse des grands bassins dont on devine les portes. Ces piscines de pierres servaient ancestralement à emprisonner à marée basse les poissons). Sur la plage on y voit également selon les années  quelques poteaux en béton armé disposés par les forces allemandes d'occupation afin d'empêcher un débarquement.

Plage du Veillon avec vue des falaises de Jard  

Aujourd'hui la plage du veillon, de loin la mieux orientée  pour le soleil et pour se protéger des vents dominants est l'une des plus belle de l'atlantique. Elle est aussi dangereuse pour qui ne connaît pas les courants et celui qui prend le risque de se baigner par mer forte. Les vagues dans certaines circonstances, même en été, ont la force pour soulever des cailloux qui à plusieurs reprises ont cassés les membres de baigneurs imprudents. Donc, il est conseillé de ne pas se baigner par mer forte. Un bain dans la cuvette de l'autre coté de la dune  est moins risqué à l'abri des vagues et du vent.

   

Elle est aussi une langue de sable qui intéressera les géologues( il y a là une rencontre intéressante entre différentes strates de la terre depuis la cuvette, l'observation possible d'une faille, ainsi que la discontinuité avec les très belles falaises de Jard sur Mer immédiatement au Sud Est de la plage avec une vision des rochers basaltiques déchiquetées par la mer: une vision qui doit ressembler à celle du monde avant la vie quand  seule la terre et l'eau séparées existaient.

Face au Sud sur la plage à marée basse  

Cette plage est aussi le paradis  des chercheurs de traces des temps disparus. A droite de l'entrée de la plage, on y voit des calcaires plissées qui sont le fond de mares, d'étangs ou de mers existant il y a des millions d'années. Un peu plus à droite  (face à la République, les calcaires plus ou moins dures, plus ou moins bleuâtres recèlent des traces d'animaux de l'époque des dinosaures ou bien des coquilles d'animaux marins de temps plus anciens encore (Voir Bessonnat).

 Voir les recherches de Gilbert Bessonnat et sa découverte de la piste d'animaux  contemporains des dinosaures.

Vue plage à l'Ouest  

Mais là ne s'arrête pas les découvertes  et la richesse de ce secteur pour les archéologues. Le sous-sol est très riche en restes de notre civilisation. Les plus belles vaisselles scythes on été découvertes aux veillons et sont aujourd'hui au Château de Saint Germain en Lay. Une villa Gallo-romaine existe à l'entrée de la plage mais sous le parking goudronné volontairement il y a quelques années par la municipalité. Un trésor de monnaies a été découvert  en plusieurs fois au niveau de l'installation des toilettes publiques. De très nombreuses pièces de monnaies ont été dispersées ainsi. Ceux qui ont des informations sur ce trésor pourraient-ils donner quelques informations ?

   

Ce lieu fréquentée par les hommes depuis de nombreuses  années fait  l'objet depuis quelques années d'une volonté certaine d'ouverture au plus grand nombre. Le parking goudronné s'étend largement pour des centaines de voitures. Le maire sournoisement gagne de la place par le chemin d'arrivée goudronné, avec des places en épis le long du chemin et  récemment par une piste cyclable (goudronnée, elle aussi). Tout ceci s'est fait par un agrandissement de la largeur du chemin qui aujourd'hui est une voie très large , un parking, un passage piéton, une double piste cyclable... qui grignote sur une forêt classée (quelques mètres par an). En outre un terrain dunaire, vierge, avec vue imprenable sur la plage a été transformé en parking.  Avant que l'irrémédiable ne se produise, je conseille vivement  de visiter ce site splendide. Sur la côte d'Azur, il y a maintenant trente ans, les mêmes erreurs ont été faites par des élus, il est dommage que la municipalité talmondaise ne tire pas des leçons des erreurs de leurs pairs sur le littoral varois ! 

   

Le Veillons, c'est bien entendu cette plage avec sa dune et sa cuvette impressionnante mais aussi un paysage, une forêt de chênes verts multiséculaires  pour quelques uns encore, des marais à poissons et une belle propriété cachée dans ce site idyllique.

Arrivée au manoir par la route de Talmont

Ci-contre la porte du manoir

Cette propriété, sa plage et son bois a une histoire liée au talmondais : Cliquez ici pour en prendre connaissance.

  Ce lieu a inspiré des artistes et des romanciers  dont  Emile Baumann pour son roman "La Fosse aux Lions"  (éditions Grasset, 1911)dont il situe une partie de l'action au Veillons. Il s'agit d'une description de la vie des paysans et d'une famille de maîtres à la fin du 19 ème siècle. Il analyse la vie quotidienne de ces habitants paysans et hobereaux et les rapports entre un père  sans repères et un  "bon" fils de famille qui après consommation de son mariage... aura lui-même un fils. Au dénouement de l'histoire :le grand père  étrangle, dans un accès de folie, le petit-fils. Ainsi la  prédiction de la servante jardaise, elle aussi envoyée à la Grimaudière avant son maître, se réalise.

 La nuit de noces des jeunes mariés se situe dans le château du veillon.

LE CHATEAU DU VEILLONS EN JUILLET 2005, CI-DESSUS.

Extraits du texte d'Emile Baumann qui décrit le Veillons :

 

p. 146 : "Alix et lui, au déclin du jour, se proposaient de partir, comme étaient partis, le soir de leurs noces, M. de la Thébaudrie et sa femme, et,  avant eux , les pères et mères du comte, pour un primitif manoir, le Veillons, isolé sur une dune de l'Océan, à quelques huit lieues de Nesmy, et , ce voyage, ils voulaient le faire à cheval.

Le manoir vu depuis la route.  

p.176 : "Ils aperçurent la ville des Sables, le dôme d'une église, de basses maisons tassées dans une brume flamboyante, et, enfilant à gauche la route de Talmont, ils tournèrent une lieu plus loin, du côté de l'Océan.

    Vis-à-vis d'un Calvaire s'enfonçait un chemin de traverse, tellement caillouteux et bosselé qu'ils durent le descendre au pas; le sol, en plus d'un endroit, se distinguait à peine, obscurci par des pins touffus; mais, dès qu'ils remontèrent le long de la dune, une lumière, à mi-côte, leur indiqua la fenêtre d'un logis.

Vue des champs et des marais autour du manoir  

(...)

Ils gravirent entre des bâtiments de ferme; à l'orée d'un bois un chêne-vert immense étalait ses tortueuses ramures.

(...)

Chambretaud conduisit les maîtres, par une terrasse, devant le manoir plus semblable que les Broux à une métairie d'autrefois. Les caves s'ouvraient de plain pied sur le jardin; la façade grise était percée d'étroites fenêtres à meneaux; des marches ébréchées, encloses d'une double rampe de granit noircie sous des lierres, accédaient vers la salle commune, et, en face de la porte,  l'escalier roide, où une grosse corde tenait l'office de main-coulante, grimpait à l'unique et vaste chambre qui allait être celle des époux.

 

Vue   du manoir vers talmond (les marais dans lesquelles le Maire veut y passer un quatre voie sur un grand pont ! Arrêtez-le si possible ainsi que son copain Villiers qui l'appuie ! Ils sont vraiment "naf naf" sur ce coup là : non ne faites pas de route au travers du marais, ce serait une faute irréparable. Qui pourrait leur faire comprendre ? Aidez-nous.(juillet 2005).

Nota : naf naf; c'est bien entendu une allusion au petit cochon de la légende qui n'est pas trop intelligent.

 

p.184 : "Descendus sur la terrasse, tous deux revirent en plein soleil la mine de leur logis, ses murs d'un gris desséché, graves comme ceux d'un couvent, et au dessus des marches, le cintre de sa porte barrée obliquement d'une bande de fer brunie. Se retournant, ils s'approprièrent du regard la courbe d'une perspective moins luxuriante qu'aride.

En bas du manoir, de l'autre coté d'un canal saumâtre, une ruine romaine meublait un champ; une vigne, plus haut, développait ses pampres; derrière, des landes sablonneuses, des morceaux de culture, des blés poudroyants se disputaient ce pays perdu, et , au loin, la tour de Talmont défiait d'un front arrogant les souffles de la mer dont les embruns, jadis, flagellaient ses blocs moroses.

- Quel est ce bourg là-bas ? demanda Philippe, désignant un clocher entre les renflements des dunes.

- C'est Jard; tout près, dit-on, fut Bel-Esbat."

(...)

Vue vers la Guittière  

p. 187 :

"- Allons à la plage, dit Philippe. Ah ! ma bien chère, que nous sommes heureux !

Ils pénétrèrent sous le bois d'yeuses qui descendait vers l'Océan. Les menus feuillages de cendre, où le soleil en pluie d'argent frémissait, semblaient d'une flore supra-terrestre; un austère enchantement peuplait cette solitude, et Philippe, après un silence, pensa tout haut :

- Dieu habite là chez lui.

- C'est vrai, repartit Alix; j'imagine qu'Eve et Adam se promenaient, les matins d'été, entre des arbres comme ceux-ci.

Des pins héroïques, bordant une avenue dont ils apercevaient à peine le terme, se penchaient au devant d'eux d'un air de fraternel accueil.

(...)

L'allée déclinait jusqu'à deux gros chênes verts se faisant vis-à-vis et confondant au ras du sable leurs basses frondaisons; sous le tortis des branches les eaux scintillaient, blanc mirage, empire des splendeurs illimitées.

Allée de chênes verts dans le bois du Veillons  

(...)

Sur le murmure de la plage indistinct et calme se dégorgeait des ruissellements légers; de sourdes vagues, autour des récifs, s'ébrouaient avec une retombée d'écume. Des fonds glauques oscillaient, de houle en houle dansaient des aigrettes de feu; un éclair coupait le sable, chaque fois qu'une lame s'y étalait, et ni la mer ne se fatiguait de ce jeu divin, toujours le même, ni eux ne s'ennuyaient à la suivre."

 

 

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